Comprendre et Apprivoiser l’Anxiété : Votre FAQ sur la Gestalt-thérapie et les Neurosciences

Dans un monde en évolution rapide, l’anxiété touche de nombreuses personnes, impactant le bien-être et la qualité de vie. Cette Foire Aux Questions explore l’anxiété sous l’angle de la Gestalt-thérapie, une approche humaniste centrée sur le présent, le corps et éclaire ces mécanismes à la lumière des découvertes en neurosciences. Découvrez comment mieux comprendre vos ressentis et les voies possibles vers l’apaisement.

Q1 : Qu’est-ce que l’anxiété dans notre société actuelle et comment se manifeste-t-elle ?

R : L’anxiété est devenue un défi majeur, exacerbée par le rythme de vie rapide et les incertitudes. Elle se manifeste par un tourbillon d’inquiétudes, des projections négatives et un sentiment de déconnexion de soi, impactant le corps, les émotions, les pensées, les relations et les choix.

Q2 : Qu’est-ce que la Gestalt-thérapie et comment diffère-t-elle d’autres approches ?

R : La Gestalt-thérapie est une approche thérapeutique humaniste et psychodynamique. Plutôt que de se concentrer uniquement sur les causes passées (« pourquoi »), elle explore le « comment » l’anxiété se manifeste dans l’expérience présente de la personne (« ici et maintenant »).

Q3 : Quels sont les principes fondamentaux de la Gestalt-thérapie appliqués à l’anxiété ?

R : Les principes clés incluent l’ancrage dans l’instant présent, l’acceptation de ses émotions et de ses limites, la prise de conscience des schémas répétitifs, la responsabilisation face à son vécu, l’expérimentation de nouvelles façons d’être, et une relation authentique et interactive avec le thérapeute.

Q4 : Comment la Gestalt-thérapie aide-t-elle concrètement à gérer l’anxiété ?

R : L’approche aide à identifier les déclencheurs de l’anxiété, à reconnaître et utiliser les signaux corporels comme indicateurs, à développer des ressources internes pour faire face (respiration, relaxation), à transformer les schémas de pensée et de comportement anxieux, et à retrouver du sens en se reconnectant à ses valeurs.

Q5 : Quels types d’anxiété peuvent être accompagnés par la Gestalt-thérapie ?

R : La Gestalt-thérapie est pertinente pour accompagner diverses manifestations de l’anxiété, incluant l’anxiété généralisée, les crises d’angoisse, les phobies, ainsi que pour la gestion du stress au quotidien.

symptômes de l'Anxiété

Q6 : L’accompagnement proposé est-il adapté à chaque individu ?

R : Oui, l’article souligne que l’accompagnement en Gestalt-thérapie est personnalisé et conçu pour répondre aux besoins spécifiques de chaque personne consultant pour son anxiété ou son stress.

Q7 : Comment l’anxiété affecte-t-elle notre cerveau selon les neurosciences ?

R : L’anxiété chronique peut hyperactiver certaines zones du cerveau associées à la peur (comme l’amygdale) et affaiblir les régions responsables de la régulation émotionnelle et de la prise de décision (comme le cortex préfrontal). Cela peut renforcer les circuits neuronaux liés à la réaction de peur et de stress puis mener à un sentiment généralisé d’insécurité, d’hypervigilance, de fatigue corporelle et émotionnelle.

Q8 : Le focus sur « l’ici et maintenant » en Gestalt-thérapie a-t-il un impact neurologique ?

R : Oui, la pratique de l’attention portée au moment présent, similaire à la pleine conscience, a démontré des effets sur le cerveau. Elle peut contribuer à réduire l’activité de l’amygdale et à renforcer les connexions dans le cortex préfrontal, améliorant ainsi la capacité à réguler les émotions et à sortir des boucles de rumination anxieuse.

Q9 : La reconnaissance des signaux corporels en Gestalt est-elle validée par les neurosciences ?

R : Absolument. Les neurosciences mettent en évidence le lien étroit entre le corps et le cerveau via le système nerveux. Apprendre à reconnaître les sensations corporelles liées à l’anxiété (palpitations, tensions) permet de mieux comprendre l’activation de notre système de réponse au stress et ouvre la voie à des stratégies de régulation qui intègrent cette dimension corporelle.

Q10 : La thérapie Gestalt peut-elle réellement modifier les réponses cérébrales associées à l’anxiété ?

R : Oui, grâce au phénomène de neuroplasticité. Le cerveau a la capacité de se réorganiser tout au long de la vie. Une thérapie comme la Gestalt, en offrant de nouvelles expériences émotionnelles, relationnelles et comportementales, peut aider à créer de nouvelles voies neuronales plus adaptatives et à affaiblir celles associées aux réponses anxieuses dysfonctionnelles.

Dépression

Contexte : Extrait d’une séance de Gestalt-thérapie avec Sarah*, 40 ans, qui consulte pour se sentir plus apaisée face à une anxiété forte et croissante. Elle indiquera au bout de quelques séances avoir des crises d’angoisse nocturnes, maux de ventre intenses et pertes de connaissance occasionnelles.

(*) le nom a été changé ainsi que certains éléments propre au cas pour préserver la confidentialité.

(Début de l’échange)

[…]

Thérapeute : Sarah, vous décriviez ces nuits difficiles, ces douleurs au ventre si fortes, et parfois ce vide qui vous fait perdre pied. Quand cela arrive, là, maintenant, en parler, qu’est-ce que ça fait en vous ? Comment est votre ventre quand vous l’évoquez ?

Sarah : (Elle pose une main sur son ventre, yeux fermés un instant) C’est… tendu. Comme un poing serré. Et j’ai froid aux mains. C’est étrange, je n’avais pas remarqué ça en parlant. D’habitude, je raconte juste les faits.

Thérapeute : Oui. Souvent, nous racontons « l’histoire » de ce qui nous arrive, mais en Gestalt, on essaie de sentir « comment » ça se passe en nous, dans l’instant, pendant qu’on en parle. Cette tension dans le ventre, ce froid… Est-ce que ce sont des sensations familières ?

Sarah : Oh oui. Le ventre surtout. J’ai toujours eu un peu mal au ventre quand j’étais stressée, même enfant avant les examens. Mais là, c’est puissance dix. Et la fatigue… Je suis épuisée, mais j’ignore ça toute la journée. Je prends café sur café, je fume, le soir un verre de vin pour décompresser… Je ne parle pas vraiment de comment je me sens, je serre les dents. Le sport ? C’est un lointain souvenir.

Thérapeute : Vous décrivez bien comment vous tenez bon la journée, comment vous « serrez les dents », et les moyens que vous utilisez pour ne pas sentir la fatigue, pour ne pas vous arrêter. Et puis, la nuit, quand tout se relâche un peu, le corps semble prendre le relais… Il s’exprime très fort, n’est-ce pas ? Avec ces maux, ces crises…

Sarah : (Un silence. Elle ouvre les yeux, une lueur de compréhension) Oui… Il hurle en fait. Pendant la journée, j’essaie de ne pas l’écouter. « Allez, encore un dossier, encore une réunion, tu auras le temps de te reposer ce week-end ». Mais le week-end, je suis trop vidée. Je me déconnecte juste. Et le corps… il stocke ?

Thérapeute : On pourrait dire qu’il accumule les messages non écoutés. Vous mentalisez beaucoup, vous poussez avec le mental, vous repoussez la sensation physique de fatigue, de trop-plein. Ces maux de ventre, ces crises nocturnes, ces pertes de connaissance… Si votre corps pouvait parler avec des mots, que dirait-il à ce moment-là ?

Sarah : (Émue) Il dirait… « Stop ! Arrête Sarah ! Tu vas trop loin ! Je n’en peux plus ! » C’est ça… c’est lui qui me dit « stop » quand ma tête refuse de l’entendre. C’est pour me prévenir ?

Thérapeute : Qu’est-ce que ça vous fait d’envisager ça ? Que ces manifestations intenses ne soient pas juste un dysfonctionnement à faire taire, mais une tentative désespérée de votre corps de vous envoyer un message vital, un signal pour vous rappeler à vous-même, à vos besoins ?

Sarah : (Long soupir) Ça change tout… Je le voyais comme un ennemi qui me trahissait la nuit. Mais si c’est ça… si c’est ma seule façon d’entendre que je suis à bout, que je me maltraite en fait… Ces crises, ce sont les seuls moments où je suis forcée de m’arrêter. C’est… c’est mon corps qui essaie de me sauver, à sa manière. C’est incroyable. Je n’avais jamais vu ça comme ça.

Thérapeute : Accueillir cette prise de conscience, cette connexion entre ce que votre corps exprime et ce que vous vivez, c’est un pas immense. C’est le début d’un dialogue différent avec vous-même. La Gestalt, en ramenant à l’ici et maintenant, en invitant à sentir, à mentaliser cette expérience corporelle, permet justement de décoder ces messages. C’est un chemin pour apprendre à être présent à soi, y compris à la fatigue, au lieu de la fuir, pour que le corps n’ait plus besoin de crier si fort la nuit.

[…]

(Fin de l’échange)